Blottie à 600 mètres d’altitude au pied des djebels calcaires qui lui ont valu son nom : Achawen en berbère signifiant les cornes, la ravissante Chefchaoue se mérite. D’autant que l’accès à cette ancienne place forte, fondée en 1471 et qui servit de refuge aux musulmans andalous lors de la Reconquista, fut longtemps interdit aux Européens. Heureusement, les t e m p s o n t b i e n c h a n g é … N’empêche que venant de Tanger ou de Tétouan, il vous faudra sillonner une petite route sinueuse pour parvenir à cette tranquille et verte cité, irriguée par l’oued Laou. Vous ent rerez alor s dans la vi l le moderne par la place Mohammed V, par faitement circulaire. Le mieux étant ensuite d’abandonner la voiture p o u r s e p r ome n e r à p i e d e t s’enfoncer, par l’avenue Hassan II et la porte Bab Al Aïn, dans la médina cernée de remparts. Puis laissez-vous guider au hasard par vos pas à travers les ruelles étroites et entrelacées. Perdez-vous à admirer les maisons blanchies à la chaux que les reflets bleus magnifient… On ne peut de toute façon jamai s s ’égarer à Chefchaouen ! Une chose est sûre en revanche : vous serez obligatoirement fascinés par cette couleur bleue omniprésente sur les murs, les portes, les fenêtres et même au sol. Un bleu allié au blanc pour conserver la fraîcheur dans les habitations en été, tout en éloignant les insectes. Un bleu qui a aussi des vertus apaisantes et reposantes. A un moment ou à un autre, vous retomberez forcément sur la place Uta El Hammam, encerclée de cafés et dominée par l’imposante Kasbah ocre. Pour 10 Dh par personne, il serait dommage de ne pas vi s i ter ce bâtiment qui abrite d’anciennes prisons. Son musée présente des costumes rifains et les traditions du pays jebli. Quant à son jardin planté d’orangers, de lauriers et de palmiers, il constitue un véritable havre de paix. Pourquoi ne pas se diriger maintenant vers la place Al Makhzen, notamment pour y découvrir le savoir-faire des artisans locaux ? Poussez encore un peu la balade et vous arriverez à de jolies cascades émanant de la source Ras El Maa qui, plus haut, jaillit de la montagne. Les femmes y viennent faire leur lessive aux lavoirs. Enfin, si vous vous en sentez le courage (et les mol lets), on ne saurai t t rop vous conseiller de terminer votre visite en montant vers l’hôtel Atlas Chaouen. Le point de vue sur la vi l le es t imprenable. Et vous pourrez y boire un verre… bien mérité !
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